LA PROVENCE : Il cultivait du cannabis dans toute sa maison

LA PROVENCE : Il cultivait du cannabis dans toute sa maison
Un homme de 30 ans a été jugé devant le tribunal correctionnel d’Aix.

ARTICLE LA PROVENCE 18/10/2017 SÈVERINE BATTESTI-PARDINI

C’est dans une villa de 140 m², située à Berre l’Etang, que Christophe, 30 ans, cultivait une plantation de cannabis. Récemment, il a comparu devant le tribunal correctionnel d’Aix qui a examiné les faits. Et où la présidente a commencé par dresser le bilan des investigations policières : « En perquisition, des plants de cannabis et des sachets d’herbes séchée ont été retrouvés dans la maison. Plusieurs factures ont également été découvertes, montrant qu’il commandait régulièrement des engrais pour favoriser la pousse de ses plants. »

Veste noire, très calme, le prévenu reconnaît les faits de vive voix. « Au départ quand j’ai pris la maison avec ma soeur tout se passait très bien. Quand elle est partie c’est devenu compliqué. J’avais des difficultés à payer mon loyer. Mes dettes s’accumulaient, alors j’ai commencé à faire ça en juin 2013. Ce commerce me permettait de garder ma maison » explique-t-il, le visage fermé.

Célibataire, sans enfant, le prévenu travaille dans une chaîne de restauration et gagne 1 250 € net pour un loyer de 1 350 €. Ce petit business l’aidait à gagner de l’argent facile et « ça lui est monté à la tête », selon son avocat Me Charles Reinaud.

Si les faits reprochés concernent surtout la détention, la vente et l’emploi non autorisés de stupéfiants, l’homme est jugé aussi pour un vol d’énergie à ERDF.

En emménageant, il avait en effet fait faire un branchement pirate sur un compteur, bénéficiant ainsi pendant plusieurs années d’électricité sans la payer.

Le procureur réclame 3 ans de prison ferme et 6 mois de sursis avec mise à l’épreuve pour le prévenu, au casier judiciaire vierge : « Les faits ne sont pas contestables. Dans presque toutes les pièces, nous avons retrouvé des pousses ou de l’herbe en train de sécher. Il en va de même pour le vol d’électricité », relève l’accusation.

L’avocat de la défense soulève que son client a reconnu l’intégralité des faits dès son arrestation. « Mon client est très ouvert à la justice. Cette culture de cannabis lui a donné l’illusion qu’il pouvait mener une vie normale. Il est tombé dans une spirale terrible. Cette peine de prison ferme m’inquiète, il a un CDI. Quelle sera sa situation lorsqu’il sortira de détention dans 2 ans et demi ? », s’interroge la défense.

Le trentenaire sera relaxé partiellement pour les faits de trafic et de vol, et reconnu coupable pour le surplus.

Ce qui lui vaut 6 mois de prison, la confiscation de 75 euros et de son véhicule.

Sèverine Battesti-Pardini